Formation SSCT Obligatoire : Tout Ce Que les Élus CSE Doivent Savoir en 2026

Pourquoi la formation SSCT est obligatoire
Depuis la loi Santé au travail du 2 août 2021, la formation en Santé, Sécurité et Conditions de Travail (SSCT) est obligatoire pour tous les membres du CSE, quelle que soit la taille de l'entreprise. Cette obligation est inscrite à l'article L.2315-18 du Code du travail.
Auparavant réservée aux membres de la CSSCT dans les entreprises de 300 salariés et plus, cette formation est désormais étendue à tous les élus, y compris les suppléants.
ℹ️ Point essentiel : l'employeur ne peut ni refuser cette formation, ni en choisir l'organisme à la place de l'élu. Il peut uniquement reporter la formation dans un délai maximum de 6 mois, et seulement si l'absence du salarié est préjudiciable à la bonne marche de l'entreprise.
💡 Conseil du ancien juge des prud'hommes : « Ne tardez pas à demander votre formation SSCT. Plus tôt vous serez formé, plus efficacement vous exercerez vos missions de prévention des risques. »
Objectifs de la formation
- •Développer l'aptitude à déceler et mesurer les risques professionnels
- •Initier aux méthodes et procédés à mettre en œuvre pour prévenir les risques
- •Comprendre les conditions de travail et les améliorer
Durée selon la taille de l'entreprise
| Situation | Durée |
|---|
|-----------|-------|
| Premier mandat, toute entreprise | 5 jours |
|---|---|
| Membres CSSCT (≥300 salariés), premier mandat | 5 jours |
La durée minimale de 5 jours pour un premier mandat ne peut être réduite, même par accord collectif.
Contenu de la formation
La formation SSCT couvre les domaines suivants :
- 1Cadre juridique : rôle du CSE en matière de SSCT, droits et obligations
- 2Analyse des risques : identification des dangers, évaluation des risques, DUERP
- 3Accidents du travail et maladies professionnelles : enquêtes, déclarations, arbre des causes
- 4Conditions de travail : ergonomie, pénibilité, risques psychosociaux
- 5Moyens d'action : droit d'alerte, inspections, expertise
Financement et prise en charge
Le financement de la formation SSCT est à la charge de l'employeur (article L.2315-18 du Code du travail). Cela comprend :
- •Les frais pédagogiques
- •Les frais de déplacement et d'hébergement
- •Le maintien de la rémunération pendant la formation
L'employeur ne peut pas refuser la formation, seulement la reporter dans un délai de 6 mois maximum.
⚠️ Attention : si l'employeur ne maintient pas le salaire pendant la formation SSCT ou refuse de prendre en charge les frais, il commet un délit d'entrave au fonctionnement du CSE, puni d'un an d'emprisonnement et 3 750 € d'amende.
Renouvellement du mandat
Lors du renouvellement du mandat, la formation est de 3 jours minimum. Elle permet une mise à jour des connaissances et un approfondissement sur les évolutions législatives.
Pour les membres de la CSSCT dans les entreprises de 300 salariés et plus, la formation de renouvellement reste de 5 jours.
Organiser concrètement la formation de vos élus
Connaître l'obligation ne suffit pas : encore faut-il l'inscrire dans un calendrier réaliste. C'est là que la plupart des comités perdent du temps, souvent plusieurs mois, sur une formation qui aurait pu être suivie dès les premières semaines du mandat.
La chronologie à respecter
La demande de l'élu doit être adressée à l'employeur dans un délai qui laisse à celui-ci le temps de répondre. Une demande formulée trop tard ne permet pas de tenir la date souhaitée, et un refus fondé sur ce motif est régulier. À l'inverse, un employeur ne peut pas refuser la formation elle-même : il peut, dans des conditions précises et limitées, en différer la date.
En pratique, le calendrier se construit à rebours : identifiez la session, vérifiez le délai de demande, puis formulez celle-ci par écrit avec les dates, l'organisme et le programme. Cet écrit constitue la trace utile en cas de désaccord ultérieur.
Qui former, et dans quel ordre
La formation bénéficie à l'ensemble des membres du comité. Une pratique fréquente consiste à ne former que les titulaires, en considérant que les suppléants attendront. C'est une fausse économie : un suppléant appelé à remplacer un titulaire absent exerce les mêmes prérogatives sans en connaître les conditions d'exercice, ce qui se voit immédiatement en réunion.
Lorsque le budget impose un étalement, une séquence lisible consiste à former d'abord les élus appelés à siéger le plus souvent, puis les autres dans les mois qui suivent — en formalisant ce calendrier plutôt qu'en le laissant à l'appréciation de chacun.
Ce que la formation doit réellement apporter
Une formation utile ne se limite pas à l'exposé du cadre légal. Elle doit rendre l'élu capable de trois choses concrètes.
Lire un document d'évaluation des risques. C'est la compétence la plus immédiatement utile : repérer ce qui manque, identifier les unités de travail absentes, poser les questions qui obligent à préciser une mesure de prévention formulée en termes vagues.
Conduire une inspection et une enquête. Après un accident, la qualité de l'enquête détermine ce qui sera retenu. Une méthode d'analyse des causes, une grille de recueil des faits, un compte rendu structuré : ces outils s'acquièrent en s'entraînant, pas en écoutant.
Formuler un avis motivé. Un avis défavorable sans motivation n'a aucune portée. Un avis argumenté, appuyé sur des éléments précis, oblige l'employeur à répondre et laisse une trace exploitable.
Les erreurs les plus fréquentes en début de mandat
Repousser la formation au motif que le calendrier est chargé. Les premiers mois sont précisément ceux où les repères manquent le plus, et où les premières consultations engagent l'instance pour la suite du mandat.
Choisir un organisme sur le seul critère du prix. Les durées étant fixées par la loi, l'écart de prix reflète surtout le contenu : nombre de participants, part des mises en situation, qualité des supports remis.
Confondre sensibilisation et formation légale. Une demi-journée de sensibilisation à la sécurité, aussi utile soit-elle, ne satisfait pas l'obligation de formation des élus.
Questions fréquentes
L'employeur peut-il imposer l'organisme ? Non. Le choix appartient à l'élu, sous réserve que l'organisme réponde aux conditions requises pour dispenser cette formation.
Le temps de formation est-il déduit des heures de délégation ? Non. Il s'agit de temps de travail effectif, qui ne s'impute pas sur le crédit d'heures.
Que faire si l'employeur ne répond pas ? Renouveler la demande par écrit en rappelant les dates. L'absence de réponse dans le délai imparti vaut acceptation dans les conditions prévues par les textes, mais mieux vaut disposer d'une trace écrite complète avant d'engager la session.
Benali Loutfi
Ancien juge des prud'hommes
Après plusieurs années passées à siéger au Conseil de Prud'hommes, notre fondateur a choisi de mettre son expertise du droit du travail au service des dirigeants comme des salariés. Sa connaissance approfondie des contentieux et des obligations légales lui permet de concevoir des formations ancrées dans la réalité du terrain.
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